2016

Critique de François Sauteron

2016

Critique de François Sauteron

J’ai le privilège d’être ami du célèbre critique d’art Gérard Xuriguera.
Chaque semaine, à Saint-Germain-des-Prés, je me joins à sa vingtaine d’artistes préférés, venant du monde entier exposer à Paris.
C’est-à-dire qu’au fil des ans, toutes les tendances artistiques me sont devenues familières; mais voilà, j’ai une préférence.

Elle s’appelle Antonella Innocenzi  Felzines, dite Felenzi. Bien entendu, certains vont dire que je suis sensible  à la beauté de cette femme venue  des Abruzzes implantée en Quercy, à ses yeux verts et que le souvenir de mes ancêtres venus de son pays en France au temps de François 1er  y est pour quelque chose. Ils invoqueront  son attention permanente aux autres, la réussite de son  école de peinture ou elle permet à des passionnés de tous les âges de donner le meilleur d’eux mêmes…

Certes, sa personnalité ne me laisse pas  indifférent, mais cela n’enlève rien a mon coup de coeur  pour son oeuvre. Antonella ne triche pas, et loin des courants à la mode, elle reste elle même.

Les obsédés du classement en seront pour leur frais. Pourquoi vouloir la rattacher à tout prix à une école? A une famille d’esprit? Nous avons a faire à une femme libre.

Sa peinture n’est que poésie, une poésie à fleur de peau, impatiente de s’exprimer, de se transmettre. La femme et l’artiste sont toute en douceur, mais ne vous y trompez pas, sa vision est tout en force, une vision du monde généreuse où il n’y a pas besoin d’entrer par effraction.

rien n’est innocent dans sa démarche esthétique. On perçoit d’emblée dans sa peinture son être intense, son humanisme profond quelque soit le sujet.

Chacune de ses œuvres est un événement. Elle peint en état de bonheur.

par quel Mystère Antonella nous fait – elle aimer les ciels tourmentés, les tornades? Dans un pays ou autrefois, au moindre grondement  du ciel, les femmes aspergeaient portes et fenêtres d’eau bénite, et bien souvent  s’enfermaient dans la grande armoire…Est- elle un peu sorcière?

Mais les sorcières sont -elles belles? Ses tableaux nous troublent au plus profond de nous- mêmes.

On a envie de s’asseoir au café à coté de ses personnages, pour parler de quoi?

De la vie qui passe? De petits soucis ou simplement pour partager avec eux un moment  hors du temps. Est-elle exploratrice? Devant chacun  de ses tableaux on reste pantois, aurions-nous vu ce qu’elle nous fait découvrir? Ces reflets dans l’eau du lac? La beauté de ce morceau de bateau rouillé?

J’ai parlé de poésie, mais il s’agit d’une poésie grave, parfois inquiète, qui a l’immense mérite de nous obliger à faire une pause dans notre monde superficiel, notre monde de plus en plus virtuel, un monde d’apparences dans lequel nous sommes immergés et dont nous ne percevons plus, sans son aide, les détails quotidiens. Qu’elle en soit remerciée.

François Sauteron 2016